Yesterday we told me about the blue, blue sky.

- Ok.
- Quoi ok?
- Je me met en condition pour t'expliquer le début de l'histoire.
- D'accord, d'accord.
- Tu m'interromps pas hein?
- Promis.
- Alors... Il était une fois l'histoire de quatre charmants garçons...
- Nan, nan, nan.
- Hé c'était un test je t'avais dis de pas m'interrompre idiot. Dieu, dans sa grande miséricorde, t'accorde son pardon. Maintenant ta gueule.
- ...
- Tout commence avec une jeune fille, elle s'apelle Gia. Gia comme océan, comme traitrise, comme décadence, comme innocence. Masculine, féminine, perdue, eperdue. N'importe. Gia avait douze ans. Pile l'age d'un sourire. Pile l'age d'un hiver, d'un enfer. Gia se lève le matin, Gia se couche le soir, rêve, fait tout comme n'importe quelle gamine de son age. Et maintenant Gia a 19 ans, et elle est couchée sur un lit d'hopital, à deux doigts d'un hiver, d'un enfer. Tu te situes?
- ...
- Répond imbécile.
- Oui, oui.
- Très bien, alors c'est maintenant que commence l'histoire.
Yesterday we told me about the blue, blue sky.
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# Posté le lundi 04 février 2008 18:59

Modifié le jeudi 28 février 2008 04:31

Streets like a jungle

Streets like a jungle
- Dis Helen.
- Ouais?
- Non c'est pas grave.
- Bah allez dis moi.
- C'est pas grave je te dis.
- Mais Jo, dis moi!
- Faut vraiment tout t'expliquer hein?

# Posté le mardi 05 février 2008 14:20

Modifié le jeudi 28 février 2008 12:35

Une dernière bouteille.

Une dernière  bouteille.
- C'est pire que si tu balançais tes tripes à la mer, là, au moins, tu pourrais en revenir. Là, t'es face à la mer, et rien, rien ne peut t'en détourner; tu regardes face à toi, la mer, derrière toi, la mer, à droite, la mer, à gauche, la mer, meme quand tu te regardes tu ne vois que la mer. Elle est ancrée dans tes souvenirs, dans tes pas, dans tes veines, c'est pire qu'une malédiction, je te jure, tu ne peux pas t'en débarasser, la mer est toujours quelques part, par là. Quand ru regardes l'entrelacs que dessinent les veines sur tes mains elle est toujours là, au plus profond, quand tu regardes ton visage ravagé dans un miroir où tes yeux se refletent comme l'image d'une inconnue c'est encore les vagues qui se fracassent dans ta nuque. Tu ne peux rien y faire, elle fait partie de toi gamine, meme si tu décidais de l'oublier, elle ne pourrait pas te lacher. Traine toi ce fardeau, accepte le, fais-en ta douleur assasine, perd-toi dans ses promesses inachevées.
- ... perdu d'avance.
- Hein?
- C'est perdu d'avance.
- De quoi est-ce que tu parles?
- D'oublier la mer.
- Je te demande pas de l'oublier, mais de te l'inscrire dans le sang.
- Tu m'expliques la démarche? Je comprend rien à ce que tu dis, tes mystères je vais les foutre en l'air tu vas voir.
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# Posté le jeudi 14 février 2008 17:55

Modifié le jeudi 28 février 2008 04:29

L'élan des vies.

L'élan des vies.
D'abord, tu plantes le décor. Derrière toi, il y a un pont, mais ça on s'en fout il n'est même pas beau. Devant, un grand feu, des bouteilles de tous les alcools que tu n'as jamais vu, et à genoux, juste devant, ou dedans si tu préfères, tu pourrais imaginer qu'il est assis sur le feu si tu réussissais à voir son âme qui se consûme au rythme de ses pas, donc juste devant, un petit homme, les yeux fermés, qui chauffe ses doigts au-dessus du feu, les mains fébriles. Et puis tu vois ce petit homme, l'air un peu triste, l'air un peu seul, il a toujours le souvenir des lèvres de Diane sur ses yeux, de ses cheveux effleurant sa joue, de ses mains carressant sa bouche. Oui, finalement, la seule chose qui lui importe, la seule chose en laquelle il puisse il puisse vraiment compter, en laquelle il puisse vraiment croire est derrière lui, il l'a laissé bien loin. La seule chose, la seule personne qui ait un tant soit peu de réalité pour ce petit homme ce sont les lèvres de Diane emprisonnant les siennes. C'est une explosion de couleur, ça ne se définit même pas, ça ne se voit pas, c'est indolore, ou presque, mais cela reste un bon souvenir, de ceux qu'on voudrait revisiter un bon milliard de fois. Tu sais, c'est comme quand tu te sens englouti par l'océan, entre deux ou trois vagues déglinguées, quand ça y est, il est temps de remettre ta vie en question, de poser les faits sur la table.
Tu te demandes bien ce que tu fous là, et tu te dis : merde alors, mais ce n'est pas ici que je devrais être. Non c'est vrai, ce n'est pas ici, mais n'importe où, ailleurs, ça ne le serait pas non plus. C'est une sorte de paralysie, une paralysie du corps, du coeur, de l'âme. Plus rien ne bouge, n'existe, ne bat. Donc c'est quand tu te sens englouti par les vagues, que tous tes sens t'abandonnent, que tu n'as plus la force de combattre, que tu poses les armes, de toi-même, c'est comme si arrêtais ta respiration de ta propre volonté, comme si tu t'étranglais de tes propres mains.
C'est à ce moment là que ta respiration se bloque dans ta gorge et qu'une forte envie de vomir te prend, de vomir toutes tes tripes, de déverser tout ce trop plein inutile que tu as emmagasiné dans ton corps, parce que tu croyais que c'était ça, la vie. C'est stupide, absurde.
C'est dans ce genre de moment qu'on se rend compte que durant toute une existence dénuée de pragmatisme, d'un stricte point de vue scientifique, tu ne courrais qu'après une seule chose, et que ce n'est que lorsque que cette chose est définitivement perdue, enfouie, sous-terre, oubliée, saccagée, définitivement inabordable, que, finalement, la réalité reprend le dessus au milieu des vagues, et que tu t'arrache à leur étreinte, et que tu te dis : merde, j'ai tout foiré.
- Merde j'ai tout foiré.
- Exactement.
- Et on est forcé de vomir?
- Forcé.
- Mais si Diane revient et embrasse le monsieur il ne vomira pas non?
- Certes. Mais Diane ne reviendra pas.
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# Posté le jeudi 14 février 2008 18:00

Modifié le jeudi 28 février 2008 04:28

Les histoires

C'était l'histoire d'un petit garçon, d'un petit garçon qui rêvait de faire le tour du monde, de faire le tour du monde, le monde à ses pieds, ses pieds dans ses mains. C'était un petit garçon qui mourrait d'indifférence, qui regardait les yeux de Gia et se disait : Mon dieu Diane, qu'est ce que tu es devenue. Et Diane répondait : je suis redevenue. Revenue, redevenue. D'ailleurs, de nul part, du no man's land, du néant, qu'importe, tant qu'on revient de quelque part.

- J'y suis restée.
- J'y suis resté.

C'était un petit garçon.
Il prenait les mains de Diane dans les siennes, crispait ses paumes jusqu'à l'en faire saigner, et souriait. Il donnait presque l'impression de pleurer, mais en fait il souriait. Et quand il regardait Diane danser, virevolter autour du feu, enchainer les courbes et les descentes, quand il la voyait flinguer ses propres rêves, bouffer son vernis avec ses dents, la seule chose qu'il voyait vraiment, c'était Gia qui hurlait ses brûlures. C'était Gia qui se noyait dans la Seine, Gia qui se bourrait la gueule à la Volvic, Gia qui écrivait sans relâche les lignes de sa vie sur des bouts de papier calcinés. Gia qui souriait à ce petit garcçon, en disant : T'en fais pas va, tout s'arrangera Jo, on partira à l'aventure, on embarquera sur le plus beau des navires et je danserai sur la passerelle avec toi dans mes bras.
Mais Diane reprenait le dessus, elle lui crachait au visage, et là encore, c'était Gia que voyait Jo dans ces pupilles déchirées.

Les histoires

# Posté le mardi 19 février 2008 12:30

Modifié le jeudi 28 février 2008 04:28